
Pour fêter la Saint-Valentin, Juliette prépare un petit dîner en amoureux… pas si facile, sauf pour le dessert !
Le 14 février : 17 heures.
Aujourd’hui c’est la Saint-Valentin. Je suis rentrée du bureau plus tôt pour avoir le temps de préparer un somptueux dîner pour mon chéri. J’ai acheté un nouveau livre de cuisine. Les photos sont carrément sublimes ! Ce sera un repas d’exception.
17 h 15 :
Ils ne pourraient pas apprendre à écrire en français clair et compréhensible pour tout le monde dans les livres de cuisine ? Parce que là, je nage…Réservez, réservez… Mais qu’est-ce que ça veut dire ? J’ai fait revenir les oignons, comme ils l’ont dit… Mais réservez… Je ne vais pas les jeter quand même ?
17 H 30 :
Aaah ! Réservez, ça veut dire les mettre sur une assiette, en attendant… C’était pas sorcier mais j’ai quand même dû appeler maman pour qu’elle m’éclaire. J’ignore pourquoi mais quand elle m’a souhaité « Bon appétit, tu diras à JP que je suis de tout cœur avec lui », j’ai senti comme une pointe d’ironie.
18 H :
Bon, ça devait arriver. Les enfants en ont assez. « C’est pour nous ? Je peux goûter ». Demande répétée en boucle depuis un quart d’heure. Et maintenant, c’est le chat, attiré par l’odeur des filets de poisson, qui tente d’en chiper un morceau. Je vais aller l’enfermer dans une autre pièce. La Saint-Valentin, ce n’est pas une fête pour les chats.
18 H 05 :
Ouf ! Ca y est le chat est neutralisé. Il règne un calme étrange dans la cuisine. Les enfants sont sages et font des coloriages sans moufter. Un miracle. Je reprends le cours de ma recette. Alors…Tiens, il faut de la mozzarella ??? Curieux, je n’avais pas repéré ça tout à l’heure. Remarque, du fromage qui fond, c’est toujours bon. Quoique avec les filets de sole, ça me paraît bizarre…
19 H 00 :
C’est la catastrophe ! La Berezina ! Pendant que j’enfermais le chat, Paul a tripoté mon livre de cuisine avec ses mains collantes pleines de bonbons. Résultat : deux pages sont restées collées ensemble et j’ai mixé deux recettes en une ! Mes filets de soles aux oignons confits avec un gratin d’aubergines à la mozzarella ! Et mon chéri qui arrive…
19 H 30 :
Tant pis, je sers mon machin, même si j’ai un peu envie de pleurer. Et c’est là que je m’aperçois que j’ai épousé une perle. Bravement, avec un courage inouï, JP goûte mon plat. Et…Il ne dit pas « Qu’est-ce que c’est que cette horreur ? » ou « Tiens du fromage avec du poisson ??? ». Non, il loue ma créativité. Parfaitement. Cet homme est une merveille.
20 H 30 :
J’envisage sérieusement de déposer un dossier auprès du pape pour faire canoniser mon mari. Heureusement, je sers le dessert. Des verrines au chocolat pommes et noisettes. Et là, c’est un vrai miracle : c’est une exquise surprise. Un délice. Je ne suis peut-être pas une grande cuisinière mais grâce au chocolat, j’ai gagné mes galons de pâtissière.