
Faut-il manger plus gras en hiver ?
Dr Patrick Serog : Le besoin de manger plus gras donc plus calorique est remis en question par l’évolution de nos conditions de vie : les appartements, les bureaux, les magasins, les moyens de transports sont aujourd’hui convenablement chauffés. Le recours aux plats régionaux roboratifs (comme le pot-au-feu, la blanquette de veau à l’ancienne ou la poule au pot) n’est donc plus justifié d’un point de vue nutritionnel. Même s’ils restent fortement ancrés dans les traditions culinaires attachées à cette saison.
Pourquoi a-t-on tendance à grossir en hiver ?
Dr Patrick Serog : Avec le raccourcissement des jours et la détérioration des conditions météo (pluie, vent, froid…), les activités extérieures (footing, vélo, marche…) sont, en hiver, généralement mises entre parenthèses. Nos dépenses caloriques diminuent donc d’autant, et ce, à une période de l’année où nous avons en parallèle tendance à enrichir notre alimentation en calories avec des mets plus gras ou des produits à la fois gras et sucrés comme les pâtisseries. Ces deux paramètres, conjugués, peuvent aboutir à une prise de poids.
Faut-il recourir aux compléments alimentaires en hiver ?
Dr Patrick Serog : Les besoins en vitamines et en minéraux sont les mêmes, été comme hiver. Seules les vitamines C et D peuvent poser problème. Nous consommons en effet moins de crudités en hiver et la vitamine C est partiellement détruite dans les aliments cuits. Pour prévenir toute déficience, il est recommandé de consommer deux à trois portions de fruits (1 portion = 80 g) par jour riches en vitamine C, à choisir parmi les kiwis, les clémentines, les oranges, les pomelos... Par ailleurs, la baisse de l’ensoleillement peut entraîner une déficience de la production de vitamine D chez les seniors et les jeunes enfants.
Pour ces populations sensibles, le médecin peut prescrire une supplémentation de vitamine D sous forme médicamenteuse. Pour les autres, les produits enrichis en vitamine D (lait, yaourts, huiles…) permettent d’éviter un éventuel manque. Ces produits sont cependant déconseillés aux patients traités pour une carence en vitamine D en raison du risque d’hypervitaminose.

Comment éviter les kilos d’hiver ?
Dr Patrick Serog : Quelques règles simples suffisent à éviter la prise de poids. Si la structure des repas principaux reste inchangée, mieux vaut en revanche faire attention au choix des aliments qui les composent :
* En entrée, la soupe présente de nombreux avantages : elle entraîne une légère distension de l’estomac et contribue ainsi au rassasiement.
* Pour le plat principal, privilégiez, à côté des légumes ou des féculents, les poissons (au minimum deux fois par semaine) et les viandes maigres (steak, filet de veau, sans oublier la volaille, de préférence les blancs, sans la peau), mais aussi des œufs, mélangés si vous le souhaitez à un peu de jambon ou des champignons. Si vous y ajoutez du fromage, évitez alors d’ajouter un laitage.
* Vous pouvez consommer des plats gras ou en sauce deux fois par semaine sans danger pour la ligne. Parmi les plats gras à base de fromage (tartiflette, fondue savoyarde…), sachez toutefois que la raclette est moins riche en fromage et qu’elle peut constituer un vrai plat complet avec le jambon et les pommes de terre.
* Au dessert, faites la part belle aux fruits de saison (oranges, clémentines, pommes et poires) et changer de variétés pour renouveler les plaisirs (pommes Rubinette, Reinette grise du Canada, clocharde…). Naturellement pauvres en matières grasses, souvent disponibles en version allégée en sucres, les glaces peuvent représenter une agréable façon de sortir de l’ordinaire.
* Au-delà d’une bonne alimentation, une activité physique régulière reste incontournable pour équilibrer la balance énergétique. Des solutions de remplacement existent si le temps ne se prête pas à sortir : le vélo d’appartement, les cours de gym ou la salle de sport. Elles demandent certes un investissement de départ (moins de 5 €/jour en moyenne pour un abonnement annuel à une salle de sport), mais elles offrent l’avantage de permettre un entraînement régulier, plus profitable donc en terme de bienfaits sur la santé. Le fait de consacrer une partie de son budget pour faire du sport est d’ailleurs en lui-même une excellente motivation pour persévérer.
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